Portrait d’Astrid, rameuse et compétitrice au Yacht Club de Toulon.

Les coraux à gauche. Les oursins à droite. Les vagues qui frappent sans relâche.

Astrid est coincée dans un reef en Guadeloupe depuis vingt minutes. Une mauvaise trajectoire lors de ZE Race, la grande course de downwind de 30 kilomètres.

Elle lutte, résiste et ne lâche pas.

Elle termine première.


« J’en garde des souvenirs et de belles cicatrices sur les jambes. »

C’est ça, Astrid.

Une battante. Une femme qui n’abandonne pas.

Infirmière de 41 ans, habitante du Pradet, arrivée du nord de Paris il y a douze ans.

Et depuis, une vie sur l’eau.


Une mauvaise expérience au Maroc. Un club qui change tout.


Au départ, c’est le kite qui l’attire. Un stage au Maroc tourne mal. Elle rentre. Et presque par hasard, elle pousse la porte du Yacht Club de Toulon.


« Un club vraiment accueillant, avec du personnel au top pour découvrir et pratiquer tous les sports nautiques. »

Ce jour-là, tout commence. Elle achète un premier paddle gonflable, dont elle devient ambassadrice de la marque. Puis passe au rigide. D’abord en location au club. Puis son propre matériel.

Et très vite, les premières compétitions. Les premiers podiums.


« Je suis devenue une véritable accro de ce sport. Pendant longtemps j’y allais tous les jours, minimum deux heures. »


ZE Race. Quatre fois. Quatre victoires.

ZE Race, c’est la course de downwind de référence en Guadeloupe. 30 kilomètres avec le vent dans le dos. Il faut glisser, prendre les bumps, surfer les vagues. C’est technique, physique et exigeant.

Astrid l’a gagnée quatre années de suite.


« C’est devenu un peu ma spécialité, si je peux dire. »


Sa technique, elle se l’est appropriée au fil des années. Des sessions sur le ponton avec Patrick, des clinics avec les grands noms du paddle mondial : Titouan Puyo, Ludovic Teulade qui fut son coach pendant plusieurs années. Et dernièrement, un stage de perfectionnement à Fuerteventura avec Michael Booth.


« De manière générale, je me suis approprié ma propre technique et cela me convient bien. »


Ce que le paddle lui apprend chaque jour.

paddle toulon championne

Aujourd’hui, avec son métier d’infirmière, elle sort minimum trois fois par semaine. Des sorties longues : une heure, dix à douze kilomètres à chaque fois.

Ce qu’elle aime dans ce sport, c’est difficile à résumer, mais elle essaie.


« Tu te retrouves parfois seule au milieu de nulle part. Ce contact avec la nature, ce silence. Et en même temps un sport complet : cardio, abdos, gainage, force musculaire. Il y a tellement de choses à apprendre, à perfectionner, toujours une technique à adapter en fonction des conditions météo. »

Et puis, cette phrase qui dit tout sur son rapport à la pratique :


« Je pense paddle, je dors paddle. »


Transmettre ce qu’elle aime.

Cette année, Astrid a passé son BIF. Le Brevet d’Initiateur Fédéral. Pour faire découvrir le paddle à ceux qui ne le connaissent pas encore. Pour enseigner les bases de la rame et les règles de sécurité.

Elle qui s’est construite seule, qui s’est approprié sa technique, qui a couru les compétitions dans toute la France et jusqu’en Guadeloupe, elle a décidé de transmettre.

C’est peut-être ça, la vraie marque des passionnés.

Et la suite ?


« Continuer le plus longtemps possible de glisser sur l’eau. Partager ma passion dans différents pays. »

Et en octobre prochain, une probable inscription aux Championnats du Monde de paddle en Sicile.

Astrid sur l’eau, quoi qu’il arrive. Par tous les temps.


« Qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve, si on me cherche, je suis sur l’eau. »

Elle aime citer Laurence Artaud, navigatrice et femme de mer. Une phrase qui résume mieux que n’importe quoi ce qu’elle ressent depuis douze ans :


« Je me sens toujours chez moi sur l’eau. »

Categories: L'actualité